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La dépression chez les personnes âgées

Mélissa Boucabeille
Mélissa Boucabeille

06 March 2023

Selon la Haute Autorité de Santé, 5 à 15% des personnes âgées de plus de 65 ans souffrirait de dépression caractérisée. Elle est encore sous-diagnostiqué notamment en population âgée, du fait de la présence d’affection somatiques et de symptômes anxieux fréquents (HAS, 2008). Les cas de récidive (50 % lors d’un premier épisode) et de chronicisation (20 %) sont important (Ashbaugh et al., 2016).

Les principaux facteurs de risque identifiés chez les sujets âgés sont une perception négative de leur état de santé, la solitude, des difficultés de fonctionnement en vie quotidienne, le sexe féminin et des difficultés financières (Conde-Sala et al., 2019).

           Tout ceci accroit le sentiment de vulnérabilité et augmente le niveau d’anxiété. Selon le DSM V, « la détresse anxieuse a été reconnue comme un symptôme important dans le trouble dépressif caractérisé. Des niveaux élevés d’anxiété ont été associés à un risque suicidaire plus élevé, une durée de la maladie plus longue et une plus forte probabilité de non-réponse au traitement » (Crocq & Guelfi, 2015). Une étude a révélé un taux relativement élevé de troubles anxieux chez les personnes âgées déprimées. Les troubles anxieux co-morbides étaient associés à une présentation plus sévère de la maladie dépressive chez les sujets âgés et un risque suicidaire plus important(Lenze, 2000). La présence d'un trouble anxieux co-morbide était associée à une moins bonne fonction sociale et à un niveau plus élevé de symptômes somatiques. Des études récentes montrent que les préoccupations liées à l’isolement social chez les personnes âgées souffrant de dépression et d’anxiété ont des conséquences sur leur santé mentale(Curran et al., 2020). Mais également que les personnes âgées souffrant de dépression et d’anxiété se perçoivent comme plus isolées que les personnes âgées sans troubles et ce malgré un niveau équivalent de contact sociaux et familiaux (Evans et al., 2019). Ces spécificités de la personnes âgées sont importantes à prendre en compte pour adapter au mieux les propositions thérapeutiques.

            Dans ce sens plusieurs thérapies tel que, la thérapie interpersonnelle, la thérapie systémique et familiale et les thérapies cognitivo-comportementale (TCC) ont montré une efficacité dans la prise en charge d’un trouble dépressif caractérisé chez les sujets âgés de plus de 65 ans (Mackin & Areán, 2005). Les TCC ont été particulièrement étudiée dans la littérature et se montrent adaptées aux séniors car elles s’inscrivent dans « l’ici et maintenant » et donc s’appuient sur les capacités préservées. Bien que leur contenu change peu comparativement aux TCC proposées dans une population plus jeune, un article récent fait le point sur les adaptations possibles afin d’optimiser la prise en charge thérapeutique chez les séniors (Palazzolo, 2021). L’auteur insiste notamment sur les points suivants :

-      La nécessité de déterminer les incapacités sensorielles ou physiques. Les déficiences sensorielles touchent environ 14% et les invalidités physiques touchent presque 29% des personnes âgées de plus de 65 ans. Leurs prévalences augmentent avec l’avancé en âge (Judith Waldrop & Stern, 2003). Connaître ces informations permet d’adapter au mieux les activités proposées dans l’activation comportementale. De plus, « le vieillissement normal s’accompagne de modifications du fonctionnement cognitif. Les plus fréquentes touchent la mémoire, l’attention ou les habiletés visuo-spatiales » (Ska & Joanette, 2006). Dans ce sens certaines adaptations dans les séances peuvent être proposées, tel que des séances plus courtes, utiliser la répétition, résumer fréquemment les informations, les présenter sous différentes formes pour favoriser l'encodage, utiliser différents matériels et supports pour transmettre les informations, proposer à la patiente d’utiliser un carnet pour noter les informations transmises en séances.

-      L’importance de la psychoéducation afin de créer une alliance thérapeutique, de rendre le patient acteur mais également de pallier les méfiances ou croyances que peuvent avoir les patients envers la pratique de la psychologie. En effet la création d’une alliance thérapeutique est essentielle pour permettre aux patients de s’engager dans la thérapie et de s’approprier les outils. Dans ce sens deux pensées automatiques négatives spécifiques au sujet âgé souffrant de dépression ont été identifiés (Tison & Hautekeete, 2005, 2007). Il s’agit de la croyance dans l’impossibilité de changer avec l’âge (CIA) et de la banalisation des symptômes dépressifs (BSDA). Les auteurs ont identifié qu’elles pouvaient représenter un frein dans l’engagement thérapeutique. Les auteurs ont également démontré qu’utiliser des techniques de restructuration cognitive sur ces croyances était efficace.

-      Evaluer le réseau de soutien (social et familial) de la personne. L’avancée en âge entraine inévitablement des pertes (départ à la retraite, pertes d’amis ou de membres de sa famille…), qui peuvent insidieusement entrainer la personne dans un cercle vicieux de l’isolement. Dans ce sens ne recevant plus de renforcement positif le cercle vicieux se renforce. Comme précisé plus haut, il est essentiel d’identifier ce réseau mais surtout de le maintenir car même entourées les personnes âgées souffrant de dépression se considèrent souvent isolés or la solitude et la dépression sont fortement corrélées (Evans et al., 2019).

           Enfin avec le vieillissement de la population et la chronicisation des pathologies, la prévention des rechutes est essentielle. Dans ce sens la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (Mindfullness) à démontrer une efficacité(Irving & Segal, 2014).



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